Jean Genet

 

Actualit

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Tout événement concernant Genet est ici signalé, brièvement, au plus près de l'actualité :  publication de livre de Genet ( nouvelle édition, inédit ), d'essai critique sur son oeuvre, traduction, colloque, mise en scène, table ronde, article critique, film, émission de radio, nouveau membre ( la liste n'est pas close ).

Le lecteur peut ensuite lire de plus longues informations à la rubrique concernée. 

 

Le centenaire de Jean Genet, né le 19 décembre 1910, donnera lieu à beaucoup d'événements en France, mais aussi à l'étranger : éditeurs,  universitaires, metteurs en scène, critiques, traducteurs, producteurs d'émission de radio et de télévision, n'hésitez pas à me conctacter pour m'indiquer vos productions et vos projets afin que je les signale sur ce site.

Merci

Patrice Bougon

 

Rubriques

 

 

 

Mise à jour, le 3 novembre 2009

 

Bonne nouvelle, les Actes du colloqueParis III, Jean Genet - Rituels de l'exhibition, organisé par Bernard Alazet et Marc Dambre sont publiés aux Presses universitaires de Dijon. Le volume est disponible dans les bonnes librairies !

 

Signalons sur l'incontournable site FABULA que Béatrice Bloch a publié un long compte-rendu précis du volume collectif Toutes les images du langage. Jean Genet

 

 

 

 

 

Mise à jour, le 2 novembre 2009 

 

 

 

Le vendredi 6 novembre 2009 à 9h30 aura lieu la soutenance de thèse de monsieur Alexis Lussier.

Titre de la thèse : “Au lieu de l'image: L’écran, le regard, la mère selon Jean Genet”

Jury: Anne Élaine Cliche (directrice de recherche), Johanne Villeneuve (évaluatrice interne et présidente du jury), Dominique Garand (évaluateur interne), Jean-Michel Rabaté (évaluateur externe).

 

 

Lieu de la soutenance :

Université du Québec à Montréal

Pavillon Judith-Jasmin

405, rue Ste-Catherine Est 

Local J-4225 (4e étage)

 

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Mise  à jour : le 20 octobre 2009

 

Signalons la sortie chez Gaumont du DVD de Querelle de Fassbinder ( 1982 ) adapté du roman Querelle de Brest.

Nous y reviendrons. Les acteurs sont Brad Davis, Franco Nero, Laurent Mallet, Jeanne Moreau...

Le film est depuis le 14 octobre en salle, grâce au distributeur Carlotta

 

Querelle
‎1h48mn‎‎ - Drame‎

Le nouveau Latina
20, rue du Temple, 75004 Paris - Plan
VO st Fr  12:00  16:00  18:00  20:00  22:00

Espace Saint-Michel
7, place Saint-Michel, 75005 Paris - Plan
VO st Fr  12:45  14:45  16:45  20:00  22:00

 

Notons que le distributeur Carlotta produit des dvd et présente  un catalogue DVD qui recèle des trésors ( voir leur site ).

www.carlotta.com

 

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Mise à jour, le 1 octobre 2009

 

 Le 2 octobre 2009, signalons à 16 H 30 dans le cadre d'un riche colloque CinEcriture, organisé par Valérie Berty et Marc Cerisuelo,

la conférence de :

 

 Françoise Zamour,ENS,  Un chant d'amour de Jean Genet

New York University  à Paris,

56 rue Passy, 75016

 

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Le  24 septembre 2009

 

Au cinéma Latina, excellente salle d'art et d'essai, à Paris, métro Odéon, signalons  l'intéressante adaptation du roman de Genet

 

Querelle

Sam : 20h

Film de Rainer Werner Fassbinder (RFA, France, 1982)

 

Acteurs : Brad Davis, Franco Nero, Jeanne Moreau

Durée : 1h48

Version : VOST

Interdit aux moins de 16 ans.

 

Lors d'une escale à Brest, le marin Querelle provoque le désir d'hommes et de femmes. Celui du lieutenant de son navire d'abord, puis toute une nébuleuse interlope qui fréquente le plus grand bouge de la ville...

 

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Le 29 août 2009

Danse/Théâtre - Solo théâtral pour le chorégraphe sur les pas du "Funambule" de Genet.

Il a réussi. Pour son premier solo en plus de trente ans de carrière, le chorégraphe Angelin Preljocaj, 52 ans, a passé haut la jambe l'examen. Son adaptation du Funambule écrit par Jean Genet en 1958 concentre tout ce qu'on attend d'un solo : risque (Preljocaj n'est pas comédien), dévoilement (maigreur et virtuosité émoussée), autoportrait (racines balkaniques taillées au couteau)... Avec quelques belles images imprévisibles - Preljocaj en pirate des Caraïbes tanguant sur un hauban au-dessus du plateau -, cette pièce ménage ses effets tout en alignant des atouts spectaculaires non négligeables. Un mille-feuille de papier blanc conçu par la scénographe Constance Guisset enveloppe le danseur, habillé d'un simple tee-shirt et pantalon beige. Il lit d'abord son texte, puis le récite avec une ardeur qui fait oublier son application d'apprenti comédien. Parfois il le danse, et l'on retrouve le Preljocaj des débuts avec ses lignes cassées, son dynamisme sec, ses ruptures d'humeur.

De la déclaration d'amour de Genet à son amant fildefériste et à son art , le directeur du Centre chorégraphique d'Aix-en-Provence extrait la moelle d'une confidence personnelle sur la danse et le besoin d'être en scène. Avait-il besoin d'ajouter cette pièce à la quarantaine de ballets de son palmarès ? Oui, car le solo en danse reste un exploit, une signature. Avec Genet en porte-étendard, Preljocaj s'offre tout bonnement un cadeau en or : la peur, le trac, les yeux dans les yeux avec son public, bref, le grand saut.

 

Au Théâtre des Abbesses, 31,rue des Abbesses, Paris 4e. Du 3 au 15 septembre à 20 h 30, tél. : 01-42-74-22-77.

Rosita Boisseau

Telerama n° 3111 - 29 août 2009

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20 août 2009

Gallimard vient de publier :

LE BAGNE [2009]. Édition de Michel Corvin et Albert Dichy, préface de Michel Corvin 

 

 

 

 

 

Jean Genet

LE BAGNE

FOLIO THÉÂTRE 176 pages - 5,50 €

 

Le Bagne est la queue de comète carcérale de Genet : de 1942, où il ébaucha Haute surveillance, à 1964, où il abandonna la rédaction du Bagne, Genet n'a cessé d'ériger l'enfermement en idéal d'une vie essentialisée, car proche de la mort. Cayenne est pour lui le nouvel Éden, paradis perdu auquel seul le crime permet d'accéder, auquel seule la surenchère dans le crime permet d'ajouter un éclair de totale réalisation de soi avant que le couteau de la guillotine n'en vienne sanctifier la perte. À ce jeu de qui perd gagne jouent les forçats Rocky, Ferrand et Forlano : d'abord rivaux, ils finiront par reconnaître qu'ils sont à égalité de haine et de pouvoir pour tromper et ridiculiser les maîtres du bagne. Dans ce lieu clos s'anime, traitée avec humour et sarcasme, une société d'exclus – bagnards aussi bien que gardiens – malfaisants et retors, tout ensemble lucides et aliénés par leurs rêves.
Le Bagne met un point d'orgue en même temps que de suspension à l'œuvre théâtrale de Genet.

 

LE BAGNE [2009]. Édition de Michel Corvin et Albert Dichy, préface de Michel Corvin, 176 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio théâtre (No 119), Gallimard -théâ. ISBN 9782070342358.
Parution : 04-06-2009.

Un article de Mathieu Lindon signale dans Libération cette nouvelle publication.

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Juillet 2009

L'héritage de Jean Genet

Appel à contribution

Information publiée le samedi 9 mai 2009 par Fabula (source : Eden Viana Martin)

Date limite : 1 novembre 2009

Appel à communication :

Colloque international - L'héritage de Jean Genet

Organisé par le Centre de Recherche Poétiques et Histoire Littéraire de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour

les 9, 10 et 11 décembre 2010 à Pau

A l'occasion du centenaire de la naissance de Jean Genet, le CRPHL organisera un colloque portant sur l'héritage littéraire, critique, éditorial et artistique de Jean Genet.

Plus de 20 ans après la mort de l'écrivain, quelles sont les traces laissées par son oeuvre sulfureuse et engagée ? Quelle est la place de l'écriture genétienne dans la littérature d'aujourd'hui et comment la critique s'empare-t-elle de cette oeuvre ?

Les réflexions porteront sur quatre axes différents :

1) Héritage éditorial

Où en sommes-nous des éditions de Genet ? Quels sont les projets en cours et les publications dernièrement parues ou à paraître ?Quelles sont les versions (re)publiées des romans ? Et les scénarii inédits ?

Mais également : quelle est la place de l'oeuvre genétienne dans le monde ? Quels sont les textes traduits et publiés ?

2) Héritage critique :

Les interventions proposées dans cet axe pourront traiter de différents points thématiques et formels, donnant ainsi un aperçu de la façon dont la critique universitaire s'empare des textes de Genet. Les directions restent donc ici volontairement ouvertes aux propositions des intervenants.

A la fin de l'atelier les participants feront une synthèse des travaux proposés, produisant ainsi un état des lieux de la critique genétienne.

3) Héritage littéraire (tables rondes et discussions avec des écrivains) :

Comment la littérature contemporaine, en France et à l'étranger, se situe-t-elle par rapport au style genétien ? Est-ce que l'oeuvre genétienne a pu marquer et est-ce qu'elle marque encore le tissu intertextuel des écrits contemporains ?

Des écrivains français et étrangers seront invités à parler de leur oeuvre et à discuter de et sur Genet.

4) Héritage artistique

Cet axe sera réalisé en collaboration étroite avec La Centrifugeuse. En parallèle au colloque, des performances et/ ou spectacles auront lieu sur le campus palois. Il s'agit ici de faire un point sur la création artistique actuelle et ses relations avec l'oeuvre genétienne. Quelles sont les pièces de Genet les plus jouées ? En dehors du théâtre, quels sont les textes genétiens qui inspirent les artistes ?

Les propositions de communication (300 mots maximum) peuvent porter sur n'importe lequel de ces quatre axes. Elles devront nous parvenir avant le 1er novembre 2009.

Toutes les propositions de communication seront soumises à l'évaluation du comité scientifique du colloque.

Les propositions sont à envoyer aux adresses suivantes :

Eden Viana Martin : eden.martin2@wanadoo.fr

Thanh-Vân Tôn-Thât : tvtt@free.fr

Responsable : Centre Poétiques et Histoire Littéraire

Adresse : Université de Pau CPHL - UFR Lettres Av.du Doyen Poplawski - BP1160 - 64013 Pau cedex


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Mai  2009

Jean Genet: du roman au théâtre

Date limite : 15 septembre 2009

Communiqué:

Chers collègues, chers amis,

En l'honneur du centenaire de la naissance de Jean Genet, nous organisons un colloque à l'Université de Provence les 10, 11, 12 juin 2010. Les communications porteront sur les axes suivants :

I_Problèmes de narratologie, autobiographie, auto-fiction

II_Évolution de l'écriture dramatique

III_Liens entre l'oeuvre théâtrale et l'autobiographie

IV_Évolution des mises en scène

V_Évolution de la critique

Les propositions de communication comporteront un titre ainsi qu'un résumé de 300 à 500 mots. Elles seront envoyées à l'un des trois organisateurs du colloque avant le 15 septembre 2009.

Responsable : M.-C. Hubert, M. Bertrand, K. Germoni

Adresse : Université de Provence, Aix-en-Provence

Mai 2009

Le 8 avril 2009

Soutenance de thèse Mlle MARIA CONCEPTION BALCAZAR MORENO

Le 11 avril 2009 à 9h00
 

Doctorat littérature et civilisation française à l'adresse suivante :

Maison de la Recherche de Paris 3 - 4 rue des Irlandais 75005 PARIS

La soutenance est publique.

Titre des travaux : Politiques de la mémoire : l'écriture de l'événement dans l'oeuvre de Jean Genet.

Ecole doctorale : Littérature française et comparée

Section CNU : 09 - Langue et littérature françaises

Equipe de recherche : Ecritures de la modernité

Directeur : Mme MIREILLE CALLE-GRUBER, PROFESSEUR DES UNIVERSITES

Membres du jury

M. BERNARD ALAZET EXPERT UNIVERSITE PARIS III - Sorbonne Nouvelle

Mme MIREILLE CALLE-GRUBER PROFESSEUR DES UNIVERSITES

UNIVERSITE PARIS III - Sorbonne Nouvelle

Mme ESTHER COHEN PROFESSEUR DES UNIVERSITES

UNI NAT AUTONOME DE MEXICO - MEXIQUE

M. ALBERT DICHY EXPERT

M. MAIREAD HANRAHAN PROFESSEUR DES UNIVERSITES

UNIV. COLLEGE DE LONDRES - GRDE BRETAGNE
 

Mise à jour, le 27 mars 2009

Catherine de la Clergerie nous annonce cet événement :

Inauguration du Jardin partagé JEAN GENET à la Cité Losserand

Dans ce lieu historique, dont on a fêté les 80 ans en 2008 avec la plantation d'un olivier de 40 ans d'âge, qui a connu un réseau de résistants pendant la guerre, où le poète vagabond Jean Genet venait volontiers poser son baluchon, nous inaugurons notre jardin partagé Jean Genet le samedi 25 avril à 15h, avec plantation d'un genêt, guitares gitanes, en présence du nouveau maire du 14e.

Bienvenue au 156 rue Raymond Losserand, Mo Plaisance ou tram Porte de Vanves bus 62

Mise à jour, le 13 mars 2009

Nous avons trouvé aujourd'hui l'enregistrement d'une soirée Genet ayant eu lieu  dans le cadre de la Revue parlée animée par Marianne Alphant sur le site de

http://www.dailymotion.com/video/x3yu4n_jean-genet-une-ecriture-homosexuell_events

Cette soirée, datée du 27 octobre 1993, Jean Genet, une écriture homosexuelle ? sera bientôt accessible à la rubrique Manifestations diverses de notre site.

René de Ceccatty, Edmund White, René Scherer y participent.

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25 janvier 2009 :

F. Ekotto, A. Renaud et A. Vannouvong sont les éditrices d’un volume critique consacré à l’œuvre de Genet intitulé Toutes les images du langage : Jean Genet (Paris, Alain Baudry & Cie / Fasano, Schena Editore, coll. « Biblioteca della Ricerca », série « Transatlantique », n° 9, 2008, 228 pages, 25 €).

Note de l'éditeur :

Genet, on le sait, voue à la France – à la société française, qui l'a exclu dès sa plus jeune enfance – une haine féroce: «[...] oh! le mot n'est pas fort, haïr la France, c'est rien, il faudrait plus que haïr, plus que vomir la France [...]». Mais le lien qui l'unit, lui, l'enfant abandonné à la naissance, dépourvu de famille et de racines, à la langue française – sa langue maternelle – est intime, précieux: «Aujourd'hui je sais qu'à la France m'attache seul mon amour de la langue française [...]».

Cette langue, toutefois, ne peut s'affranchir totalement du contexte social et culturel dans lequel elle demeure engluée. Elle reste, avant tout, celle de l'ennemi. La posture de Genet ne laisse donc pas d'être affectée par une instabilité fondamentale. Instrument de l'ennemi, mais, tout à la fois, instrument de délivrance et instrument de jouissance. C'est précisément cette complexité de la langue genétienne – laquelle traverse, en dépit de son éminente singularité, tout un imaginaire social ainsi qu'un vaste intertexte littéraire – que les présentes contributions ont l'ambition de parcourir et d'interroger.

Frieda Ekotto est professeur titulaire à l’Université de Michigan à Ann Arbor (États-Unis). Elle enseigne au Département de Littératures comparées, celui des Etudes romanes et celui des Littératures et Etudes afro-américaines et africaines.

Aurélie Renaud, agrégée de Lettres modernes, enseigne actuellement la Littérature comparée à l’Université de Poitiers, en qualité d’ATER.

Agnès Vannouvong est docteur en Littérature française de l’Université Paris 8-Saint-Denis. Chargée de cours à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, elle est critique de théâtre et d’art contemporain pour les revues Verso, Art Press et Archistorm.

Table des matières.

Préface

PATRICE BOUGON, « La métaphore de la mer dans Querelle de Brest de Genet. La métaphore filée et le dictionnaire ou le récit considéré comme poème »

RENÉ DE CECCATTY, « Le spectre, le neutre, le vide »

MICHEL CORVIN, « L'être du non-être ou le contretype du stéréotype »

SYLVAIN DREYER, « Un millième de seconde ». Stéréotype et fulgurance dans Un captif amoureux »

FRIEDA EKOTTO, « Lettre à Jean Genet »

FABRICE FLAHUTEZ, « Jean Genet dessinateur »

RALPH HEYNDELS, « Ecrire le tombeau de Jean Genet. Instants rêvés dans le cimetière espagnol de Larache : Abdellah Taïa et Rachid O. »

FLORENCE MERCIER-LECA, « La (re)sémantisation commecréation poétique : L'exemple des noms propres et de l'argot dans Notre-Dame-des-Fleurs et Miracle de la rose »

AURÉLIE RENAUD, « L'autre visage de Carmen dans l'oeuvre de Jean Genet : la femme virile »

AGNÈS VANNOUVONG, « Voiler, dévoiler, cacher : de l'art du travestissement dans l'écriture genétienne »

ANTOINE BOURSEILLER, « Mise en scène: Jean Genet »

Entretien avec PHILIPPE ADRIEN (Les Bonnes, Comédie-Française. Théâtre du Vieux-Colombier, 1995. Reprise à la salle Richelieu, 1997 et 2000.)

Entretien avec CRISTÈLE ALVES MEIRA (Les Nègres, Athénée, Théâtre Louis-Jouvet, 2007)

Entretien avec SÉBASTIEN RAJON (Le Balcon, Athénée, Théâtre Louis-Jouvet, 2005)

Entretien avec MICHEL FAU (Le Balcon, mise en scène de Sébastien Rajon, Athénée, Théâtre Louis-Jouvet, 2005)

GILLES LEROY, Ange Soleil (pièce inédite, extrait)

JEAN GENET, Lettre à André Breton, 20 juillet 1948 (inédite)

JEAN GENET, Cœur boréal (inédit)

Notices biographiques

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Préface.

Mettre à l’abri toutes les images du langage et se servir d’elles,

car elles sont dans le désert, où il faut aller les chercher.

Jean Genet, Un captif amoureux.

Je crois que j’avais besoin de creuser, de forer une masse de langage .

Jean Genet, Journal du voleur.

Pourquoi un nouvel ouvrage sur Jean Genet ? Quels en sont les enjeux ? En considérant le dramaturge qu’il était, à quelle nécessité cédons-nous lorsque nous le mettons en scène aujourd’hui ? Lorsque nous relisons ses écrits ? Tout compte fait, vingt ans après sa mort, avouons que Genet nous fait encore rêver. Il nous transporte dans les limbes d’un imaginaire polymorphe. Son regard, telle une caméra décalée, instaure un régime de contradictions qui bouleverse nos conformismes.

Son théâtre est joué chaque soir dans le monde entier, suscitant défiance, méfiance, fascination. Ses romans inquiètent, déconfortent, désorientent. Ses essais sont toujours en phase avec l’actualité sociale la plus brûlante. Parce que la politique est le commerce des institutions avec les hommes, il est des choses qu’on ne peut dire ou faire à certaines époques. Ainsi, lorsqu’il écrit Les Paravents, Genet lève-t-il bien des interdits. En critiquant ouvertement la guerre d’Algérie, en faisant crever un lieutenant dans l’odeur des pets des soldats français, Genet attente au sacré laïque. La France se sent insultée. Une déflagration se produit, Genet s’engage, joue avec les frontières, les marges, les écarts, les limites. Lire Jean Genet entraîne nécessairement la réinitiation du regard et celle des pas, pour qui veut bien redécouvrir son environnement.

Le présent volume propose une traversée de la pensée de Genet. Fruit d’une collaboration franco-états-unienne, il tire son origine d’un colloque organisé en 2007 à l’Université de Miami , ainsi que d’un désir commun de relire l’auteur des Nègres dans une perspective transdisciplinaire. La question des stéréotypes est son motif central.

Car c’est un fait : l’œuvre de Genet n’est pas de celles qui tentent à tout prix d’éluder les stéréotypes. Tandis qu’à l’époque moderne, soumise à l’idéologie de l’originalité héritée du romantisme, ceux-ci font le plus souvent – et alors même qu’aucune écriture ne peut échapper totalement à leur emprise – figure d’écueil, de danger à éviter absolument, Genet, pour sa part, choisit de se confronter explicitement à eux et d’interroger leur usage. Aussi ne fait-il pas mystère de la fascination qu’exerce sur lui l’univers fortement stéréotypé du roman populaire. On peut lire, dans le Journal du voleur :

Si l’on m’accuse d’utiliser des accessoires tels que bara¬ques foraines, prisons, fleurs, butins sacrilèges, gares, frontières, opium, marins, ports, urinoirs, enterre¬ments, chambres d’un bouge, d’en obtenir de médiocres mélodrames et de confondre la poésie avec un facile pittoresque, que répondre ?

Mais si l’écriture de Genet croise ostensiblement les représentations collectives, c’est que la réactivation de cet héritage est indissociable de son détournement. La stratégie de Genet, éminemment polémique, est la suivante : s’il exhibe le stéréotype, c’est afin de mieux le pervertir, le corroder, le miner de l’intérieur. Quoi d’é¬tonnant à ce que celui qui a choisi d’adopter une posture de paria tente de saper, par l’écriture, les fondements de la société qui l’a exclu ? De ce mouvement général de torsion, de perversion, le langage des macs offre une image emblématique :

L’argot dans les bouches de leurs hommes troublait les tantes, mais les troublaient moins les mots inventés, propres à cette langue , que les expressions venues du monde habituel, et violées par les macs, adaptées par eux à leurs besoins mystérieux, perverties, dénaturées, jetées au ruisseau et dans leur lit.

C’est donc la vaste question des stéréotypes – de leur usage, ainsi que de l’enjeu qu’ils revêtent dans l’écriture genétienne – que les contributions rassemblées dans ce recueil s’efforceront d’interroger. Mais, aussi, et d’une manière plus large, celle du rapport – profondément ambigu, puisque fait tout à la fois d’amour et de haine – que Genet entretient avec la langue française. Car, en dépit de sa puissante singularité, la langue genétienne ne manque pas de traverser tout un imaginaire social ainsi qu’un vaste intertexte littéraire.

Les réflexions menées dans cet ouvrage croiseront donc des perspectives variées – à la fois politiques, esthétiques et littéraires – et permettront d’envisager sous ses diverses facettes la question des stéréotypes.

Entre les analyses menées par Michel Corvin, René de Ceccatty et Sylvain Dreyer, se dessine une convergence : les trois contributions évoquent, chacune à sa manière, la question de la déréalisation et de l’effacement. La première envisage la nature paradoxale du non-être chez Genet, la seconde prend pour point de départ le statut singulier des revenants au théâtre, et la troisième, exclusivement consacrée à Un captif amoureux, aborde la question de la fulgurance. Le rapport que Genet entretient avec sa langue est examiné à la fois par Florence Mercier-Leca et Patrice Bougon, lesquels traitent respectivement de l’usage des noms propres et de l’argot dans Notre-Dame-des-Fleurs et Miracle de la rose et de la métaphore de la mer dans Querelle de Brest. Ralph Heyndels se penche sur la filiation imaginaire qui unit Genet, Abdellah Taïa et Rachid O. Fabrice Flahutez met en perspective des questions esthétiques et, faisant référence à des dessins inédits de l’auteur, évoque un « Jean Genet dessinateur ». Enfin, pour notre part, nous proposons, pour l’une – Frieda Ekotto –, par le biais d’un questionnement sur la négritude, une « lettre à Jean Genet » qui rend à celui-ci un vibrant hommage ; pour la seconde – Agnès Vannouvong –, une analyse centrée sur le travestissement et les dispositifs optiques de la scène théâtrale et romanesque, en partant de l’esthétique camp et du queer ; et, pour la troisième – Aurélie Renaud –, une réflexion sur la reprise genétienne de la célèbre figure de Carmen.

Mais l’insatiable curiosité que suscite Genet est également partagée par des écrivains, des metteurs en scène et des acteurs. Aussi nous a-t-il paru important de solliciter d’autres contributions, afin d’ouvrir la réflexion aux praticiens les plus divers. En effet, qu’est-ce que se donner en spectacle ? Qu’est-ce que faire voir, jouer de l’illusion imaginaire ? Ces questions ont été posées à des metteurs en scène et à des comédiens. Le dialogue s’est noué avec Philippe Adrien, dont la pratique théâtrale offre un regard neuf sur Les Bonnes. Antoine Bourseiller, qui fut un proche de Genet, évoque ce dernier sous un angle dramaturgique. La jeune avant-garde des metteurs en scène – Cristèle Alves Meira et Sébastien Rajon, lesquels ont respectivement créé Les Nègres et Le Balcon au théâtre de l’Athénée, en 2005 et 2007 – a également été sollicitée. L’expérience de comédien de Michel Fau, qui interprétait le rôle de Madame Irma dans cette dernière mise en scène, apporte un éclairage complémentaire. Par ailleurs, Gilles Leroy nous offre les prémices d’une pièce à ce jour inédite, intitulée Ange soleil, et directement inspirée de l’univers de Notre-Dame-des-Fleurs. Deux inédits de Genet – une lettre ainsi qu’un poème manuscrit inséré dans un cartouche – viennent compléter cet ensemble.

Enfin, il nous paraît impossible de ne pas revenir sur l’une des pièces théâtrales qui, à notre humble avis, mine du dedans la question des stéréotypes raciaux. La lecture des Nègres ne commence vraiment qu’au moment où, renonçant à tout recours venu du dehors (les théories, les paradigmes de toutes sortes), le lecteur accepte enfin de ne plus suivre que l’écriture elle-même. Peut-être ne faut-il lire Les Nègres qu’à partir de rien et pour rien. Ce faisant, nous éprouvons la nécessité de nous maintenir entre un point de départ qui se veut nul et un point d’arrivée qui se refuse à toute conclusion. N’est-ce pas le genre d’exer¬cice de décryptage auquel se livre Genet à propos de la race, de la traite négrière à la colonisation ?

Lire Les Nègres aujourd’hui nous montre combien Genet est un auteur politique. En 1958, il s’attaquait ou¬vertement à la France esclavagiste et colonisatrice. Dix ans plus tôt, celle-ci commémorait le centenaire de l’a¬bolition de l’esclavage par L’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française (PUF, 1948) de Léopold Sédar Senghor. Rappelons que Jean-Paul Sartre contribue aux deux événements par une préface retentissante à l’Anthologie, qu’il intitule Orphée noir. De son côté, Aimé Césaire (qui vient de nous quitter le 17 avril 2008) réunit les écrits de l’abo¬litionniste français Victor Schœlcher sous le titre Esclavage et colonisation (PUF, 1948). Le dernier acte de ce mouvement, c’est le député de Guyane, Mme Chris¬tiane Taubira qui, 53 ans plus tard, le posera en faisant voter par l’Assemblée Nationale en 2001 cette loi, à tout le moins essentielle, qui fait de l’esclavage un Crime contre l’Humanité. Nombre d’his¬toriens français se sont élevés contre cette législation, oubliant ce fait élémentaire : l’Histoire n’est pas la propriété des historiens… Avec la loi Taubira, la France reconnaît donc avoir colonisé tant de pays dans le monde. D’où sa nouvelle politique de mansuétude envers les sujets postcoloniaux, mê¬me si le président Nicolas Sarkozy, lors de son allocution à l’université de Dakar en juillet 2007, rappelle aux Africains que « le drame de l’Afri¬que, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’his¬toire ». Comment peut-on reconnaître l’histoire com¬¬mune qui lie l’Afrique et la France et, en même temps, prétendre que la première est restée au seuil de l’histoire ? Qui donc la maintient au seuil ? N’est-ce pas le genre de rapports que Genet s’efforce d’analyser à travers Les Nègres ? Tant que nous ferons cette lecture-là du continent africain, il nous sera impossible de saisir l’essentiel de cette pièce, qui réside dans ses silences, lesquels conduisent à dire ou à ne pas dire de quoi il retourne. Les silences aménagent le passage des idées les unes aux autres. Pour le contexte qui nous concerne, ils permettent le fonctionnement de tous rapports de domination entre les institutions et les hommes. Les rap¬ports de domination sont des rapports de force qui pour Genet sont toujours appelés à se transformer. La force magique du théâtre réside dans le fait que Genet donne au Noir la puissance d’un metteur en scène. Il incombe au Noir de forcer le Blanc à comprendre comment le Noir joue son rôle d’impavide. Genet veut précisément montrer que si les Blancs sont capables de faire preuve d’audace et d’une volonté inébranlable, les Noirs ont la possibilité de les obliger à monter sur scène en se servant des « qua¬lités » (elles deviennent des « techni¬ques » sur scène) comme le rire, l’hilarité voire le désor¬dre, le chaos, qui, comme l’hu¬mour, sont des qualités d’adap¬tation. Elles fonctionnent comme des stéréotypes, que les Blancs manipulent au quotidien pour abaisser les Noirs. Genet, lui, à travers sa pièce, nous demande de revenir sur la question de la couleur du Noir, en tant qu’elle n’est qu’une apparence, et rien de plus.

Frieda Ekotto, Aurélie Renaud, Agnès Vannouvong

Url de référence :

http://www.schenaeditore.it/

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Mise à jour, le 28 avril 2008

Un volume collectif d'essais sur Genet est en préparation sous la direction de Aurélie Renaud, Agnès Vannouvong et Frieda Ekotto.

Parution aux USA et en Italie dans quelques mois. Nous indiquerons prochainement le sommaire et les coordonnées de l'éditeur.

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Mise à jour, le 4 avril 2008

Dans L'humanité, le 3 mars 2008, article de Charles Silvestre :

Le violon en carton de Jean Genet

Dialogue.

À la Maison de la poésie, Alexandre Romanes convoque Jean Genet, le poète, l’ami.

Mon premier est un écrivain fabuleux du siècle des révolutions. Nom : Jean Genet. Mon second a été dresseur de fauves, du nom de Bouglione, avant de répudier les siens, sa « famille Cadillac », et, sous son propre chapiteau, de passer à la chèvre. Prénom : Alexandre (Romanes). La vie à deux d’Alexandre Bouglione et de Jean Genet, dans les années 1970-1980, jusqu’à la mort de ce dernier, est certainement l’une des aventures les plus piquantes et les plus prometteuses de cette époque. Elle est la base d’une rencontre unique, à tous points de vue, organisée à la Maison de la poésie, à l’occasion des représentations du Funambule mis en scène par Pierre Constant (1).

Dans le théâtre, le cirque : un praticable carré tendu de blanc, des « cordes » en tissu bordeaux, des acrobates, des musiciens. Et, surtout, la famille tzigane campant dans le lieu : assis sur les bords de la scène, enfants circulant autour, traversant l’avant ou l’arrière. Genet voyait dans le cirque l’expression la plus haute du spectacle vivant. Il tomba un jour, à Paris, boulevard de Clichy, sur Alexandre faisant son numéro à l’échelle. Ils ne se quittèrent plus. Le poète, féru du cirque de Pékin, imagina un spectacle de quatre heures, avec cheval andalou et cygne noir, qui ne vit jamais le jour mais occupa leur temps.

Jean et Alexandre se retrouvaient un jour sur deux.

Ils parlaient de tout. Le premier adorait la blague : « J’en connais un qui serait gêné si Jésus revenait sur terre : le pape ! » Ou se moquer des célèbres : « Mitterrand, un chauffeur de maître », « Barthes, un remueur de salade ». Alexandre a attrapé le virus : « Dans un train en Espagne, des jeunes Tziganes font irruption et lancent aux voyageurs : sortez votre argent, vous avez le choix, on sort soit les couteaux, soit les guitares. Les voyageurs : les guitares ! » (2). Plus sérieux : « Genet avait de la sympathie pour le Parti communiste français, je le dis, même si c’est à contre-courant aujourd’hui, parce que c’est la vérité. »

Bizarre ce compagnonnage du « vieux » poète et du jeune Tzigane, penseront certains. Forcément, il devait bien y avoir, concernant l’homosexualité du premier, une histoire de sexe, non ? C’est sous-entendu dans la question qu’on pose « innocemment » au Tzigane : « Quel âge aviez-vous quand il vous a rencontré ? » Alexandre « Non, je n’ai pas été son amant, si c’est cela que vous voulez dire »… Abdallah, le funambule, lui, si, mais pas Alexandre, c’est comme ça. Les clichés ne conviennent ni à Genet, ni à d’autres…

Et pas plus le cliché littéraire que les autres ! Quand le maître des cérémonies cite les bons auteurs, le violon tzigane fait entendre, malicieux, son crincrin. Où l’on apprend que Genet s’était fabriqué un violon en carton, gosse, avant le grand voyage… Comme si, déjà, le nomade qu’il fut se préparait dans les rêves de l’enfant. Le cirque tzigane d’Alexandre Romanes (3) était certainement en germe dans ces rêves. Avec tous les sans-patrie, les sans-terre, qu’il rencontra, chez les Black Panthers, les Palestiniens, les Sahraouis. Genet, moqueur, mais fraternel, moqueur parce que fraternel.

(1) Le Funambule, texte de Jean Genet, mis en scène par Pierre Constant, jusqu au 13 avril 2008, du mercredi au samedi,à 19 heures.

Maison de la poésie. Tél. : 01 44 54 53 00.

(2) Paroles perdues, NRF Gallimard.

(3) Le cirque d’Alexandre Romanes sera de retour,

à Paris, à partir du 11 avril, porte Champerret.

Tél. : 06 88 09 22 67.

15 Mars 2008

Maison de la poésie, jusqu'au 13 avril 2008, le spectacle de Pierre Constant, une manière de lire en mettant en scène Le funambule, texte de Genet dédié à son ami funambule Abdallah :

10 mars 2008

Signalons la sortie du double cd de Michaël Lévinas (né en 1949),

Sisyphe.

LES NEGRES

Opéra en 3 actes (2004) sur un livret du compositeur

d’après la pièce éponyme de Jean Genet (Gallimard, 1958)

La Reine : Wendy Waller

Félicité : Bonita Hyman

Village : Hans Voschezang

Le Valet : Colenton Freeman

Vertu : Maureen Brathwaite

Djouf : Fabricio di Falco

Neige : Timuke Olafimihan

Le Missionnaire : Mark Coles

Bobo Lori Brown : Mirabal

Archibald : Herbert Perry

Le Juge : Brian Green

Le Gouverneur : David Lee Brewer

Ville de Saint Nazaire : Jean-Richard Fleurençois

Réalisation informatique IRCAM Gilbert Nouno

Orchestre de la Suisse Romande, dir.Bernard Kontarsky

Enregistré à Genève en avril et mai 2004 – Durée : 108’33

18 février 2008

Toute note de lecture est bienvenue.

On vient de nous signaler cette parution du critique et écrivain Bizet, François

Une Communication sans échange. Georges Bataille critique de Jean Genet, 2007.

440 p. , 65 euros.

ISBN 978-2-600-01174-7

ISSN 0073-2397

prix hors taxe USD 82.00

——————————————— Résumé de l'éditeur ———————————————

Georges Bataille – pour qui la «communication profonde veut le silence» – a successivement défendu et désavoué l’auteur du Journal du voleur. Des deux articles qu’il lui consacre, le second est le seul qui ait connu une postérité, car il figure dans

La Littérature et le Mal. La teneur en est nette et sans appel: l’oeuvre de Jean Genet est un «échec», elle contrevient aux exigences de la communication. Une telle sévérité tranche avec la défense sans réserve, quelques années plus tôt, de Haute Surveillance. Pour quelles raisons Bataille révise-t-il de manière si drastique, entre 1949 et 1952, son jugement sur Genet? L’objet de cet essai est d’éclairer le mystère de cette volte-face. Outre l’effet majeur de l’intervention de Jean-Paul Sartre et de sa préface, Saint Genet, comédien et martyr, François Bizet interroge la possibilité d’un rejet plus profond, lié au jeu des affects, que seul un examen attentif des textes, replacés dans le contexte intellectuel qui les a suscités, peut faire apparaître. Ce qui est appelé ici «communication» sans échange ne désigne toutefois pas seulement les rapports complexes et conflictuels des deux philosophes, mais bien la relation littéraire telle que la concevait le poète Jean Genet, lequel, dans les années 1960, las de la polémique dont il avait été l’objet, déclarait écrire «pour l’innombrable peuple des morts».

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MIse à jour, 1 février 2008

Le mardi 5 février à 19 heures, dans la grande salle de la Maison de la poésie :

Le Condamné à mort de Jean Genet sera lu par Olivier Py. Ce poème, le premier de Jean Genet, a été écrit à l’automne 1942 alors qu’il était incarcéré à la prison de Fresnes. Il est dédié à la mémoire de Maurice Pilorge, « assassin de 20 ans » :

Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours,

Un ange qui sanglote accroché dans un arbre,

La colonne d’azur qu’entortille le marbre

Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours

Cette lecture sera suivie de la projection de Un chant d’amour, film muet en noir et blanc de 25 minutes, écrit et réalisé par Jean Genet en 1950.

Maison de la Poésie :

Passage Molière 157, rue Saint-Martin 75003 Paris.

Renseignements : 01 44 54 53 00 (du mardi au samedi de 14 heures à 18 heures).

Prix des places : Plein tarif : 10 € . Tarif réduit : 5 € (Pass Poésie)

Cette soirée fait écho au spectacle Le Funambule de Jean Genet mis en scène et interprété par Pierre Constant du 17 janvier au 14 avril 2008 et à l’exposition consacrée à Jean Genet Le Bleu de l’œil conçue par Pierre Constant et Ghislain Uhry présentée à la Maison de la Poésie jusqu’au 17 avril 2008.

(Source Remue.net, Dominique Dussidour - 28 janvier 2008 )

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Mise à jour, le 7 décembre 2007

Un colloque international Jean Genet s'est tenu à Miami, en novembre 2007, voir Rubrique Colloque

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27 septembre 2007

L'oeil d'or nous signalent la parution, le 1 mars 2007, de Petite Mystique de Jean Genet. La famille, la mort, le pardon , de Jean-Luc A. d'Asciano Éditions L’Œil d’Or 

Présentation de l'éditeur :

Le sujet central de l’œuvre de Genet, ce n’est ni le mal, ni la sainteté, la politique ou l’homosexualité mais la mort. Être mort, parler par-delà le monde des morts, donner la parole aux morts. Genet est un janséniste qui se place du côté de ceux à qui la grâce fut refusée dès la naissance. Sans salut dans l’au-delà, ces hommes sont dès le premier jour de leur vie des cadavres errants et abjects, des non-êtres sans avenir. Genet est scandaleusement métaphysique par cette première affirmation – être impardonnable, c’est être mort – puis par sa volonté d’accorder sa grâce à ces bannis. Pour cela, il crée une langue qui tresse le champ lexical de la poésie à ceux du catholicisme et de l’interlope : elle mêle la rose et la Vierge au meurtre et à la merde. À travers ce jeu formel, où le bien et le mal s’équivalent, hyperboles et métaphores s’efforcent de faire sens afin d’offrir un verbe qui réaffirme le droit à la parole, le pouvoir du locuteur, mais aussi de l’interlocuteur : être entendu est un préalable à toute grâce. Cette langue est donc opératoire : sa force poétique permet de nommer les morts, de les inscrire dans une famille et à nous, lecteur, de porter leur deuil.

97, rue de Belleville

75 019 Paris

Tél : 01 53 19 14 52

Fax : 01 53 19 78 26

Email:loeildor@free.fr

L'Oeil d'Or

www.loeildor.com

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Mise à jour, le 25 mai 2007

"Jean Genet ou les revers du genre", par Agnès Vannouvong sous la

direction de François Noudelmann, université de Paris 8.

La soutenance aura lieu lundi 18 juin à l'Université de Paris 8

14h30, salle D002 (Bâtiment D)

2, rue de la Liberté, 93526, Saint Denis,

Métro Saint Denis Université

Composition du jury :

Monsieur François Noudelmann, directeur de thèse (Université Paris 8)

Monsieur Albert Dichy (Directeur littéraire, IMEC)

Madame Evelyne Grossman (Université Paris 7)

Madame Mairéad Hanrahan (University College London)

Monsieur Robert Harvey (State University of New York, Stony Brook)

RESUME :

"Jean Genet ou les revers du genre"

(Esthétique du genre et mise en scène de l'identité dans le théâtre de

Jean Genet)

Revers, envers, travers. Frontières, entre-deux, écarts. Autant de

termes qui énoncent l'instabilité des postures et des représentations

que Jean Genet fictionnalise. Dans son œuvre, le bas côtoie le haut,

le masculin s'incorpore au féminin et inversement, l'envers se frotte

à l'endroit, le religieux fréquente le sexuel.

Notre thèse, intitulée « Jean Genet ou les revers du genre », examine

comment l'auteur met en scène une poétique de l'ambiguïté à travers un

polymorphisme sexuel. Le point de départ de cette recherche montre, au

plan de la représentation, comment le dramaturge, à travers des

figures travesties et androgynes, produit du jeu et de l'écart

identitaire dans sa construction de l'image sexuée. La démarche

choisie s'inscrit dans une approche déconstructionniste qui permet

d'établir une critique du système paradigmatique des normes.

Dans la première partie, l'image et le jeu sur le matériau visuel

occupent une place centrale. La deuxième partie montre comment le

dispositif théâtral est construit sur un modèle de surveillance qui

questionne le statut du spectateur. La troisième partie, axée sur une

écriture de la transgression et du mal, précise les traits d'une

esthétique polysexuée qui exhibe la circulation des identités

sexuelles, sociales et imaginaires, en truquant les images et en

piégeant l'identification visuelle. Enfin, la quatrième partie se

penche sur la façon dont Genet sort du jeu et esquisse une poétique et

une politique des identités et du genre en tant que construction

socioculturelle. L'auteur capte le caractère métamorphique de

l'identité, fait et défait les genres, mettant ainsi au jour la

déliaison du sujet. Cette œuvre, inclassable, dérange car elle parle

de l'humain, de la fluence des identités qui déstabilise les repères,

de l'énergie pulsionnelle qui s'incarne dans un objet de désir qui

peut être féminin, masculin ou relevant d'un troisième genre.

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Mise à jour, 23 mai 2007

Un nouveau livre sur Genet ( source Fabula ). Nous n'avons pas encore reçu le livre.

Drew JONES, Jean Genet at the Crossroads: Blurring the Lines of Binary Opposition, Lewiston, Mellen Press, 2007, 120 p.

SUMMARY

This work analyzes the specific way in which certain binary oppositions are collapsed in the work of Jean Genet, the twentieth-century French writer and political activist. The way in which Genet constructed characters is essential to a proper interpretation and understanding of character traits such as homo- and heterosexuality, blackness and whiteness, masculine and feminine identity. This book approaches the operation of language in Genet’s texts through the lenses of deconstructionism, feminist theory, queer theory, and postcolonial theory. Though the work focuses on Genet, an addition to its appeal is made by the fact that it treats other major twentieth-century thinkers as well: Sartre, Derrida, Cixous, and Irigrary, among others.

CONTENTS

Preface by Lawrence R. Schehr

Acknowledgements

Introduction

1 Fiction/Truth: “Genet”

I. Sartre and “Genet”

II. Genêts en fleur: Derrida

2 Masculine/Feminine: Characterization and Gender Identity in Notre-Dame-des-Fleurs

I. Character Construction in Notre-Dame-des Fleurs

II. The Flaming St. Divine

3 Black/White: Feminine Forces and the Subversion of Dominant Discourse in Les Nègres

I. Feminine Writing and Subversive Mimicry

II. Playing with Mimesis: Les Nègres

III. Masculine and Feminine as Forces in Theater

4 Colonizer/Colonized: The Role of Colonial Language in Les Paravents

5 Homo/Hetero: Naming and Sexual Identity in Querelle de Brest

I. Freedom and the Evasion of Sexual Identity

II. Homosexuality as Textual Construct

Conclusion – Jean Genet: Queer

Bibliography

Index

ABOUT THE AUTHOR

Dr. Drew Jones is an Assistant Professor of French at Queens College CUNY. He received his Ph.D. from the University of Wisconsin – Madison. Dr. Jones has published articles on Jean Genet and Jean Cocteau, and is currently at work on a book which will examine the writings and political activities of gay writers in France during World War II.

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Mise à jour, le 4 avril 2007

Dominique EDDE, Le crime de Jean Genet, Seuil, mars 2007, 142 pages, 15 euros.

Sur France Culture, l'émisson animée par Les mardis littéraires, Pascale Casanova, mardi 3 avril 2007, de 10 à 11 heures évoquera cet essai en présence de l'auteur. A écouter donc.

Nous avons reçu un essai très intéressant de Domnique EDDE

A la fois témoignage et étude originale, ce livre ouvre de nouvelles pistes de lecture notamment sur le rapport entre Genet et Dostoievski, la question du père, notamment. Il s'agit aussi d'une analyse du politique chez Genet, sans concession.

Nous y reviendrons. Toute note de lecture est bienvenue.

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Mise à jour, le 14 mars 2007

Eric Marty a publié un droit de réponse à l'article de René de Ceccatty, ici cité, dans Critique, N°718, mars 2007, pp. 209-220.

Le débat continue. Nous n'avons pas encore lu cette réplique. A suivre.

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Mise à jour, le 29 janvier 2007

Alexis Lussier, Université du Québec à Montréal est l'auteur d'une étude JEAN GENET: L'ECRAN DU DESIR, parue dans l'excellente revue TRAFIC, dirigée par Raymond Bellour, P.O.L, N° 58, 2006, p. 43-52. Nous attendons de la recevoir bientôt pour en parler.

20 décembre 2006 Jean Genet antisémite ? Sur une tenace rumeur.

Tel est le titre de la longue étude, signée René de Ceccatty, qui ouvre le dossier Littérature et antisémitisme, de la revue Critique, N° 714, novembre 2006, p. 895-911.

Paris, le 16 août 2006

Lydie Dattas vient de publier  un essai :

LA CHASTE VIE DE JEAN GENET 2006 , 224 pages, 140 x 205 mm. Collection blanche, Gallimard, mai 2006, 18,50 €

Disons d'emblée que le genre de cet essai est différent de tout ce que nous avons pu lire dans la mesure où Lydie Dattas semble avoir été très familière avec la personne de l'auteur et que la relation avec l'oeuvre n'est ni universitaire, ni de l'ordre du simple essai. Il s'agit, pour une part, d'une autobiographie relatant l' expérience d'une amitié sans doute ambivalente, à certains moments.

Le style même du commentaire de Lydie Dattas, très métaphorique, peut séduire, mais aussi provoquer une réserve. L'auteur de cet essai prend position et dit ses préférences pour certaines oeuvres en proposant un jugement sur son évolution

La part du témoignage, qui ne se prive pas de critiquer tel acte ( le rapport de Genet à tel ami abandonné , éclaire le contexte de la rédaction de certains textes politiques de Genet. Une sorte de biographie rêvée, construite à partir des textes de Genet, nous est proposée, elle ne vise pas la vérité historique, mais une reconstruction imaginaire dans laquelle la figure du Christ apparaît essentielle.

Patrice Bougon

Toute autre note de lecture sur cet essai est bienvenue

Japon, le 11 juillet 2006 René de Ceccatty, journaliste au Monde, écrivain, traducteur, auteur de plusieurs études sur Jean Genet vient de publier une réplique aux deux critiques Eric Marty et Ivan Jablonka dans L'humanité, Les lettres françaises, le 1 juillet 2006. Nous donnons à lire cet article dans la rubrique Essais, destinée à la critique des essais consacrés à Jean Genet. Japon , le 15 juin 2006 Patrick Kéchichian, paru dans Le Monde des livres, 8 juin 2006, rend compte du livre de Eric Marty Jean Genet, postscriptum, Verdier 2006, en écrivant une phrase qui, malheureusement, répand une rumeur peu fondée. << En décembre 2002, l'étude de Marty parue dans Les Temps modernes sur "Jean Genet à Chatila" (reprise dans Bref séjour à Jérusalem, Gallimard, "L'Infini", 2003) avait fâché et suscité une polémique sur l'antisémitisme de l'écrivain, patent dans son engagement propalestinien>>. Il est temps que des universitaires ouvrent le débat sur le supposé antisémitisme de Genet. Le lundi 21 mai 2006, l'émission de Arnaud Laporte, Tout arrive, de 12.30 à 13.30, nous a permis d'entendre un vif débat concernant Genet. Présentation du site de France Culture Raphaël Caussimon. Il est le producteur du coffret Jean Genet : un chant d'amour. Antoine Bourseiller. Il est metteur en scène, il vient de mettre en scène Le Bagne. René de Ceccatty. Il est écrivain. Il a écrit un texte dans le catalogue de l'exposition Jean Genet de Tours. Ivan Jablonka. Il est l'auteur des Vérités inavouables de Jean Genet, Seuil, 2004. Présentation de l'éditeur : Cet essai biographique écrit par un historien propose une nouvelle approche de la vie et de l'oeuvre de Genet. Au-delà de l'image populaire de l'écrivain, délinquant, homosexuel revendiqué, admirateur des grands criminels, auteur de génie qui s'est efforcé de subvertir la morale judéo-chrétienne, se dessine un portrait bien différent : l'étude de son dossier à l'Assistance publique révèlerait un personnage antisémite, fasciné par le nazisme. Eric Marty , auteur deJean Genet, post-scriptum, Verdier - 2 février 2006.Présentation de l'éditeur: Japon, le 16 mai 2006 Japon, le 15 mai 2006 Jean Genet Un chant d'amour, le 10 avril 2006. Publié par les soins de Raphaël Caussimon, par EPM diffusion, 188 boulevard Voltaire,75011 Paris. Tél : 01 4024 0103. Prix : 39 euros. d'Albert Dichy, Leila Shahid, Roland Dumas, Hélène Martin, Bertrand Poirot-Delpech, Michel Corvin, Marine Jaffrézic. Le seul film de Genet, , 1950, 25 minutes et les entretiens, diffusés jadis par la télévision, entre Genet et Bourseiller, puis avec Poirot-Delpech sont contenus dans ce coffret qui doit donc être salué. Nous y reviendrons avec précision, dès que nous le recevrons. Un chant d'amourJapon, le 11 mai 2006 Musée de la ville de Tours. Japon , 10 mai 2006 Jean Genet, Volume collectif paru aux Editions Farrago, 13 avril 2006. En attendant de recevoir l'ouvrage pour en rendre compte, voici la présentation de l'éditeur de ce livre qui est aussi le catalogue de l'exposition Jean Genet présentée au Musée des Beaux-Arts de Tours du 8 avril au 3 juillet 2006: Loin de vouloir imposer à Genet la contrainte d'une célébration dont, en effet, il n'aurait que faire, les auteurs de ce catalogue, Christophe Bident, Antoine Bourseiller, René de Ceccatty, Pierre Constant, Michel Corvin, Lydie Dattas, Albert Dichy, Thierry Dufrêne, Kadhim Jihad Hassan, Marie Redonner, Ghislain Uhry, témoignent de la force d'une œuvre aussi brûlante qu'au premier jour. Une riche iconographie regroupant notamment un certain nombre de manuscrits et la publication de remarquables pages. Paragraph a publié un numéro spécial que nous n'avons pas encore reçu, mais qui est, n'en doutons pas, de bonne qualité, au vu du sommaire et du nom de son éditrice, bien connue des spécialistes. Genet, Edited by MAIRÉAD HANRAHAN. (Paragraph, 27.2). Edinburgh University Press, 2004. 145 pp. Pb £18.95. Pour mémoire de 2003 à 2006, signalons, à titre d'archives

René de Ceccatty conteste, de façon fort argumentée, les thèses des livres Marty et Jablonka. C'est la première réplique développée à ce qui est effectivement devenu une rumeur dans de nombreux médias. Le débat est donc enfin ouvert dans une revue universitaire.

.

Un article de

<En première partie, autour de ce coffret Genet paru sous la direction de Raphaël Caussimon, c'est à Genet réalisateur du sulfureux film Un chant d'amour que l'on s'intéresse. Mièvre ? Pas mièvre ?... Nos invités échangent leurs points de vue et leurs expériences, leurs entretiens aussi avec Genet lui-même, tel Antoine Bourseiller qui l'a bien connu.

En deuxième partie, on se penche plutôt sur le travail de Genet pour le théâtre, ou comment les thématiques dramatiques diffèrent considérablement de celles qu'il aborde dans ses romans.

Mais, autour de l'oeuvre et de ses motifs, il y a vite quelques tensions et divergences dans les interprétations qu'en donnent pour nous René de Ceccatty, Ivan Jablonka et Eric Marty : sur ces points, la fin de la table ronde est pour le moins "animée", avec regards variés et contradictoires sur Genet dans son rapport à l'antisémitisme et à Hitler.>>

Invités :

<À la croisée de ces deux textes, ce qui est en jeu c’est à nouveau l’antisémitisme de Genet dans toute sa singularité et au revers d’une écriture dont la violence, opaque, entêtée, destructrice, n’est neutralisée par aucune catharsis, par aucune transaction compensatrice avec le monde, sinon celle précisément du Tabou.

La question antisémite posée dans ce recueil, loin d’être une chasse aux sorcières dont Genet serait le gibier, vise tout simplement à le lire, si le lire vraiment c’est l’ouvrir à une vérité que d’une main il tente d’écrire quand de l’autre il tente de l’aveugler, si le lire ne peut s’accomplir sans lui faire, d’une certaine manière, violence, et s’il est vrai que cette violence est la seule empathie que son écriture supporte et à laquelle elle aspire.>>

Un nouveau livre de Eric Marty, Jean Genet,post-scriptum, Verdier, janvier 2006, et un article du Monde, daté du 14 avril 2006, Jean Genet, sa part d'ombre,de Ivan Jablonka saluent, de façon polémique, l'anniversaire de la mort de Genet.

Signalons que Jablonka est l'auteur d'un essai Vérités inavouables de Jean Genet, Seuil, 2004. Nous y reviendrons car ces lectures, assez idéologiques, réclament un débat qui n'a pas eu lieu, à notre connaissance, du moins dans le milieu universitaire. Nous invitons les lecteurs de ce site à donner leur opinion, de la façon la plus objective et argumentée possible.

Pour notre part, ( Patrice Bougon) nous allons proposer une lecture de ce livre et de cet article bientôt.

Un très beau coffret multimédia, comportant cd-dvd  et livre, est paru, sous le titre

Avec la participation, entre autres,

Le 15 avril 1986, Jean Genet est mort, et on peut supposer que plusieurs colloques auront lieu, en France et à l'étranger nous allons les signaler. Que ceux qui les dirigent, soient aimables de nous envoyer toutes informations utiles merci.

Un événement important à signaler est l'exposition Jean Genet du

du samedi 8 avril 2006 au lundi 3 juillet 2006

Le Musée des Beaux-Arts de Tours en collaboration avec l’Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine accueille une exposition consacrée à Jean Genet, décédé en 1986.

Cette première exposition de grande envergure consacrée à cet écrivain à la vie tumultueuse présente les thèmes majeurs qui peuplent l’œuvre de Jean Genet. La colonie pénitentiaire agricole de Mettray en Indre-et-Loire, le théâtre, la musique, l’art, le cinéma ou encore l’homosexualité sont abordés pour retracer la vie et l’oeuvre de Genet.

Des photos, des vidéos, des manuscrits, des lettres et des portraits sont proposés au public. Des concerts, des lectures, des projections de films et des conférences sont programmés pour approfondir la découverte ou la re-découverte de cette personnalité littéraire atypique du 20ème siècle.

- extrait de la présentation de presse -

Infos pratiques : Au Musée des Beaux-Arts,

18 place François Sicard

37000 Tours.

Tél. : 02 47 05 68 73.

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 12h45 et de 14h à 18h.

La revue anglaise,

 
  • Sur la polémique concernant Jean Genet et l’antisémitisme

Depuis quelques mois, Eric Marty, connu notamment pour ses travaux sur Gide et Barthes, défend une thèse assez provocante : l’œuvre non-théâtrale de Genet témoignerait, selon ses termes, d’un "antisémitisme halluciné".

En publiant Jean Genet à Chatila, dans Les Temps Modernes, N°622, décembre 2002-janvier 2003, puis en mars, un essai intitulé Bref séjour à Jérusalem, collection L’infini, Gallimard, qui reprend cette longue étude de cent pages, enfin en avril 2003, Jean Genet dramaturge ou l’expérience de l’Autre, Critique, n°671, avril 2003, p. 252-265, cette thèse se donne à lire selon une argumentation qui mérite le débat.

Contrairement aux livres publiés sur Genet depuis cinq ans, l’étude et le livre de Marty ont un grand écho. Un article de Patrick Kéchichian dans Le Monde, puis les revues Art Press et Les Inrockuptibles, de mai 2003, ainsi que l’émission Répliques, sur France Culture ont permis à Eric Marty de défendre cette thèse.

Albert Dichy, dans un article du Monde, daté du 3 avril 2003, a contesté la lecture de Marty. Le co-éditeur, avec Michel Corvin, des oeuvres théâtrales de Genet, dans la collecion de la Pléiade, a dialogué avec Eric Marty et Alain Finkelkraut, dans l’émission dirigée par celui-ci, sur France Culture, Répliques, diffusée le 12 avril 2003.

Souhaitons que le dialogue continue et s’ouvre plus largement à d’autres chercheurs. Nous renvoyons aux articles de Sylvain Dreyer, le seul universitaire ayant répondu aux thèses de Marty et Jablonka, de façon critique. Voir la rubrique Essais

Pour notre part, nous allons rendre compte du livre et de l’article de Marty afin de poser, plus largement, des questions de méthode, dans la mesure où le rapport entre politique et littérature est en jeu, en d’autres termes, celle de la responsabilité de l’auteur, mais aussi, celle du lecteur.

Patrice Bougon, le 6 mai 2003

Nous avons reçu le petit livre Jean Genet. Portrait d'un marginal exemplaire, de la collection Découvertes Gallimard, 2002. Disons d'emblée qu'en 128 pages, la présentation d'Arnaud Malgorn accomplit parfaitement sa mission d'introduction à la vie et à l'oeuvre de Genet. L'iconographie est bien choisie, certaines photographies sont inédites, la bibliographie est précise. Nous y reviendrons.

Patrice Bougon (17/02/2003)

 

 

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